Féfé : « Je ne suis pas une étiquette, je suis un artiste »

06
Juin
2013

Mercredi 5 juin, la Webreal TV accueillait sur son chaleureux plateau Féfé, fraîchement débarqué dans les bacs avec un second opus solo baptisé Le charme des premiers jours, trois ans après Jeune à la retraite.

Bien évidemment, il est impossible d’évoquer sa carrière sans parler du collectif Saïan Supa Crew à qui l’on doit le cultissime Angela et ses paroles très osées que personne ne comprenait (j’y reviendrais). « Les gens adoraient ça, on s’éclatait quand on voyait des p’tits jeunes en train de chanter, des p’tites gamines de 4 ans tout ça, on se disait ‘Aaaah…' », a-t-il raconté en riant. Un petit retour express en arrière qui me rappelle que 1. je n’ai toujours pas regardé ce DVD de Saïan gagné lors d’un concours et que j’avais mis de côté parce qu’il devait soi-disant s’auto-détruire après visionnage (et je crois qu’il s’est autodétruit tout seul car, à l’heure où je vous écris, je n’arrive soudainement plus à le retrouver) 2. je dois toujours partager avec vous une playlist très particulière préparée depuis un moment déjà.

Après la sortie de l’excellent Hold Up en 2005, le groupe avait cependant décidé de plier bagage. « On a fait le tour de ce qu’on pouvait faire ensemble, a souligné Féfé. On était que de mecs et ça c’est pas simple sur la route : il y a beaucoup d’ego. Puis je pense qu’on a laissé une bonne image, donc mieux vaut en rester là. » Saïan Supa Crew a ainsi fait place à une nouvelle génération de rappeurs, laissant la porte ouverte à quelques comparaisons… « Ce qui est marrant c’est qu’à l’époque où Sexion d’Assaut a commencé à percer, j’avais fait un petit freestyle avec Sir Samuel et il y avait des critiques sur YouTube où les mecs disaient ‘Putain, il rappe bien Féfé mais il pompe Maître Gims !’. J’ai trouvé ça génial ! », s’est-il souvenu.

Désormais, Féfé marche seul et en chantant le regard fixé vers de nouveaux horizons, et avec son expérience de rappeur pour bagage. « Oui, je suis sorti du côté rap mais j’aime pas ce mot ‘sorti’ parce que j’emmène toujours le rap avec moi : il y a toujours ce flow. Et c’est vrai que c’est compliqué à comprendre pour les gens parce qu’ils disent ‘Si tu chantes, tu peux pas rapper’. Moi je ne suis pas une étiquette : je suis un artiste et j’ai envie de faire ce que je veux, a affirmé le mélomane. Il faut savoir qu’aujourd’hui, Saïan est considéré comme un gros groupe hip-hop qui a marqué mais à l’époque, il y a plein de groupes de rap qui disaient ‘C’est pas du rap ce que vous faites !’. Parce qu’on mélangeait déjà des styles. Donc j’ai l’impression de continuer exactement la même chose – à ma manière bien sûr – sauf que j’ai plus d’armes aujourd’hui : j’ai appris à jouer de la guitare ! À plus de 30 ans, pour moi, c’était une sorte de fierté. Je suis un autodidacte, j’aime apprendre des choses, j’aime essayer d’avancer et je n’aime pas stagner. »

Et pour passer au stade supérieur, Féfé a dû se résoudre à embrasser pleinement la dualité de son identité musicale. Mission réussie avec Le charme des premiers jours ! « J’étais parti avec une phrase en tête ‘Plus de rap, plus de chanson’. Ça peut paraître impossible mais c’est ce que j’ai fait dans cet album. Je suis aussi parti en me disant de ne pas être complexé parce que dans le premier album, je découvrais que je chantais, j’étais à l’aise mais pas vraiment parce que je me demandais ‘Oui, mais qu’est-ce qu’on va dire ?’…, a-t-il confié. Mais pour celui-là : rien à foutre (si je peux me permettre) ! Je rappe, je chante, qui va me dire quoi ? Je fais ce que je veux et je le fais comme ça. »

Vu en concert lors de la soirée anniversaire des 10 ans de Couleur Café il y a quelques années, je ne peux que vous recommander d’aller l’applaudir au festival bruxellois le 30 juin prochain. D’ici là, retrouvez l’intégralité de son interview et un live de son dernier single pour la Webreal TV ci-dessous !




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